16.05.2008

L'annus horribilis de Nicolas Sarkozy

Un an après l'accession de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, la France est aujourd'hui dans l'impasse. Le « choc de confiance » promis par le Président s'est transformé en « choc de défiance ». De son omniprésence et de sa frénésie de réformes naît un sentiment d'incohérence, d'illisibilité et de multiplication de « couacs » au sein du Gouvernement. Chaque nouvelle réforme engagée suscite son lot d'inquiétudes et de désarroi chez les Français. Non seulement le pouvoir d'achat n'a pas augmenté mais les prix continuent d'exploser, plus de 3% en douze mois. La laïcité a été piétinée, la protection sociale entamée par les franchises médicales et les déremboursements toujours plus nombreux. Le niveau des pensions s'est détérioré, les prestations sociales se voient menacées. En politique étrangère, même constat : le réalisme le plus cru l'a emporté sur la défense des droits de l'homme, tant loués pendant la campagne présidentielle, et on déplore désormais son manque de vision à long terme sur la scène internationale. Enfin, le pouvoir lui même connaît une impopularité historique. Ce que Nicolas Sarkozy considère comme une erreur de communication est en fait une faute stratégique. En faisant du paquet fiscal la première de ses réformes, Nicolas Sarkozy a pris des mesures pénalisant sérieusement les plus modestes. La politique économique du Gouvernement ne marche pas et et les marges de manoeuvre budgétaires, pouvant amortir la détérioration de la situation économique, ont déjà été dilapidées. En un an, le besoin d'une alternative crédible a vu le jour. C'est la responsabilité de la Gauche, qui a su offrir une alternative aux élections régionales de 2004 et aux élections municipales de 2007, d'offrir un vrai projet qui rassemble les français et les françaises pour une alternative nationale en 2012.

23.02.2008

Communiqué sur la rétention de sûreté

Communiqué d'Elisabeth Guigou


Je tiens à la disposition du Président de la République la Constitution et notamment les articles 5, 62 et 64 :


    - art. 5 : Le Président de la République veille au respect de la Constitution. (...)

    - art 62 : Une disposition déclarée inconstitutionnelle ne peut être promulguée ni mise en application. Les décisions du Conseil Constitutionnel                ne sont susceptibles d'aucun recours. Elles s'imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles.

    - art. 64 : Le président de la République est le garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire.

 

Il est inconcevable que le Président de la République, qui est chargé de veiller au respect de la Constitution, demande à la Cour de Cassation de contourner la décision du Conseil Constitutionnel qui a censuré l'application immédiate de la loi sur la rétention de sûreté.

La Cour de Cassation ne pourra y donner une suite favorable car toutes les autorités judiciaires sont tenues de respecter les décisions du Conseil Constitutionnel.

C'est la première fois dans toute l'Histoire de la Vème République qu'un Président ne respecte pas une décision du Conseil Constitutionnel. Cette réaction est une dérive grave et dangereuse car le plus haut personnage de l'Etat doit donner l'exemple à tous les citoyens en matière de respect des institutions.

Face à ce défi aux institutions, je demande au Président de l'Assemblée Nationale de convoquer la Commission de lois ainsi que de réunir l'Assemblée Nationale.