09.06.2009

Mon discours suite à la déclaration du gouvernement, préalable au Conseil européen :

 

09/06/09

Discours d'Elisabeth Guigou

suite à la déclaration du gouvernement, préalable au Conseil européen :

 

Monsieur le Premier ministre,

Messieurs les ministres,

 

Les élections européennes viennent d'élire un nouveau Parlement européen qui va siéger pendant cinq ans. Celui-ci aura la responsabilité de désigner le nouveau président de la Commission. Il devra exercer son contrôle sur l'exécutif de l'Union Européenne, Commission et Conseil, avec deux principaux objectifs :

  • sortir l'Europe de la crise.

  • permettre à l'Union Européenne de faire entendre sa voix dans le monde multipolaire que Barack Obama nous propose d'organiser.

Je vous demande donc de m'apporter des réponses sur trois sujets :

  • votre position sur la présidence de la Commission

  • l'action de l'Union Européenne contre la crise

  • la lutte contre les paradis fiscaux

 

1. Votre position sur la présidence de la commission

 

Il est inacceptable que le Conseil européen se prononce jeudi prochain sur la nomination du président de la Commission alors que le Parlement ne sera pas encore installé et qu'il n'aura pas constitué ses groupes. Il faut prendre le temps nécessaire pour permettre au Parlement d'examiner les candidatures alternatives à celles de Monsieur Barroso à la présidence de la Commission européenne car la reconduction de Monsieur Barroso signifierait que la France s'accommode d'un affaiblissement définitif de la Commission.

En effet :

  • Monsieur Barroso est le principal responsable du sommet des Açores qui a réuni les Etats membres de l'Union Européenne partisans du président Bush et de la guerre d'Irak.

  • Monsieur Barroso n'a cessé de théoriser l'impuissance de la Commission qui, sous sa direction, s'est transformée en un simple secrétariat des Etats membres, au lieu de jouer le rôle que lui ont conféré les traités : un rôle majeur d'initiative politique.

L'idéologie du laisser-faire, revendiquée et assumée par Monsieur Barroso, est directement responsable de l'absence d'initiative de la Commission dans la crise qui ébranle l'économie mondiale et le système financier international.

On imagine ce qu'un président de la Commission, qui se serait inspiré de l'action de Jacques Delors, aurait fait dans cette crise.

D'abord, il aurait réagi dès l'été 2007, au moment de la première crise de surendettement américain. Et il aurait proposé un plan de relance européen qui ne soit pas la simple juxtaposition de plans nationaux, eux-mêmes très insuffisants par rapport à la gravité de la crise.

Nous voulons un autre président de la Commission, qui ne soit pas le complice d'une Europe devenue purement inter-gouvernementale, mais qui redevienne le moteur de l'Union Européenne et l'aiguillon des gouvernements des Etats membres.

Pour cela, il faut refuser que le Conseil Européen se prononce dès jeudi prochain sur la nomination du président de la Commission. Exiger que cette nomination n'intervienne que lorsque le nouveau Parlement Européen aura installé ses groupes et présenté d'autres candidats émanant de ses groupes politiques. Et d'ailleurs, demander que la nouvelle Commission et son Président soit désigné lorsque le traité de Lisbonne aura été ratifié, afin que le Parlement européen ait un pouvoir formel sur la nomination du Président de la Commission. Et il faut que sa désignation intervienne en même temps que celle du président du Conseil Européen et du haut représentant pour le PESC. Car c'est ce trio qui dirigera l'Union européenne. Il doit être cohérent et faire place à la diversité politique.

Allez-vous, Monsieur le Premier ministre, Messieurs les ministres, demander au nom de la France, le report de la décision sur la nomination du président de la Commission ?

 

2. L'action de l'Union européenne contre la crise

 

L'explosion du chômage doit toucher 27 millions d'européens à la fin de l'année, soit 10 millions de plus qu'il y a un an, 7 millions de plus qu'au début des années 2000. Cette situation exige un vrai plan de relance européen, qui ait une action immédiate et rapide sur la croissance et sur ses deux moteurs principaux : l'investissement et la consommation.

Les plans de relance nationaux actuels totalisent 200 milliards d'euros, soit beaucoup moins que le plan de relance américain (1,5 % du PIB européen au lieu de 6,55 % du PIB américain pour le plan de relance de Barack Obama).

Le président de la Banque européenne d'investissement, Monsieur Maystadt, a proposé à la Commission un emprunt pour financer un plan massif d'économies d'énergie dans l'Union européenne. Un tel plan aurait un effet immédiat sur la croissance et des effets durables sur la lutte contre le réchauffement climatique. La Commission et le Conseil européen ont refusé cette proposition. Pourquoi ? Alors que nous savons très bien que l'économie verte est un gisement d'emplois considérable et qu'elle doit être développée dans l'urgence et dans les dix ans qui viennent si l'on veut enrayer, dans les faits et pas seulement en paroles, le changement climatique.

Une telle initiative aurait aussi valeur d'exemple avant la négociation mondiale de Copenhague. Cela nous permettrait, comme vous le souhaitez Monsieur le Premier ministre, de peser sur les Etats-Unis et la Chine.

Allez-vous, Monsieur le Premier ministre, Messieurs les ministres, demander au nom de la France, l'approbation de ce plan européen d'économies d'énergie et le financer par un grand emprunt européen ? Allez-vous décider d'un plan de relance à la hauteur de la crise et du défi climatique ?

 

  1. La lutte contre les paradis fiscaux :

 

La lutte contre les paradis fiscaux exige des mesures radicales. Nous savons que l'économie mondiale ne sortira de la crise que lorsque la confiance reviendra, c'est-à-dire lorsque le système financier international aura été assaini. Lorsque de nouvelles règles auront été imposées pour que cela ne recommence pas, pour que l'économie de casino ne tue pas l'économie réelle avec les conséquences sociales dramatiques que nous connaissons.

L'Union européenne doit montrer l'exemple dans la lutte contre la folie spéculative qui a provoqué la plus grave crise mondiale à ce jour, et qui a précipité nos économies dans la récession et dans l'explosion du chômage et de la pauvreté.

Or que constate-t-on ? Jusqu'ici la Commission n'a pris aucune initiative d'envergure contre la concurrence fiscale et sociale entre les États membres. De surcroit, elle a élaboré un projet de directive sur les fonds spéculatifs (hedge funds) qui est proprement scandaleux. Ce projet de directive comporte des trous énormes dans le système de contrôle des fonds spéculatifs. Pire encore, il organise la pénétration de l'Union Européenne par les hedge funds localisés dans ces paradis fiscaux lointains qui organisent non seulement la fraude fiscale, mais aussi le blanchiment de l'argent sale qui, on le sait, finance toutes les formes de criminalité internationale, de la traite des être humains au terrorisme.

Ce projet de directive, le président de la Commission l'a confié au commissaire chargé du marché intérieur. Pourquoi n'a-t-il pas désigné le commissaire chargé de l'économie et de la monnaie Monsieur Almunia ? Ou le commissaire chargé de la coopération pénale, Monsieur Barrot qui sont plus compétents sur la fraude fiscale, le blanchiment d'argent et la surveillance du système financier ? Ce commissaire au marché intérieur est de surcroit un ultra libéral anglo-saxon qui refuse par idéologie, toute régulation.

De plus, aucun travail transversal entre les trois commissaires n'a été organisé par Monsieur Barroso.

C'est du sabotage caractérisé des décisions du G20. Nous refusons que les ultra-libéraux, qui organisent avec cynisme l'inertie et le sabotage en attendant de pouvoir recommencer comme avant, nous refusons que ces ultra libéraux demeurent en charge de l'application des décisions du G20.

Allez-vous, Monsieur le Premier ministre, Messieurs les ministres, exiger du futur président de la Commission qu'il s'engage à appliquer vraiment les conclusions du G20. Allez-vous exiger qu'il organise de façon transversale le travail de la Commission en englobant tous les aspects du problème des paradis fiscaux : la fraude fiscale (200 milliards d'euros qui seraient mieux utilisés pour le plan de relance) mais aussi le blanchiment d'argent et enfin l'absence de règle et de système efficace de surveillance de l'économie financière.

 

Ces trois questions méritent des réponses fortes du Conseil Européen et que celui-ci soit repoussé fin juin afin que le nouveau Parlement européen puisse se prononcer sur son ordre du jour.

 

N'oublions pas aussi que nous avons besoin d'une Union Européenne forte pour reconstruire le monde multipolaire auquel Barack Obama nous invite.

Une Europe dont la voix serait respectée dans le monde est d'abord une Europe qui respecte ses engagements. Allez-vous, Monsieur le Premier ministre, Messieurs les ministres, respecter les engagements pris par la France à l'égard de la Turquie ? Allez-vous poursuivre les négociations d'adhésion de la Turquie comme vous l'avez fait sous la Présidence française de l'Union européenne ou allez-vous demander la suspension de celles-ci ?

Sur l'Iran, la divergence est patente entre la position exprimée par votre diplomatie et celle du président Obama, qui souhaite donner à l'Iran toute sa place dans les relations régionales et internationales en contre partie d'un renoncement à l'arme nucléaire. Allez-vous infléchir votre position pour donner une nouvelle chance à la paix après les élections présidentielles en Iran la semaine prochaine ?

Enfin, quelles initiatives comptez-vous prendre pour surmonter le blocage politique que subit l'Union pour la méditerranée ?

Nous attendons Monsieur le Premier ministre, Messieurs les ministres, des réponses précises à ces questions. De ces réponses dépendra l'adhésion des citoyens européens à l'Europe, et la capacité de l'Union européenne à se faire entendre dans le monde du XXIème siècle.

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://elisabethguigou.hautetfort.com/trackback/2232248

Commentaires

1. Position sur la présidence de la Commission :

Le traité en vigueur, actuellement, et qui s'impose au PE, ainsi qu'aux parlementaires qui ont ratifié ledit traité, au nom de la France, est le traité de Nice. Selon ce traité, ce sont les membres du Conseil Européen qui désignent le Président de la Commission Européenne. Si le PS(E) n'est pas d'accord avec ce traité...Pourquoi l'avoir ratifié ?

La Commission Européenne a un mandat de cinq ans. Et pas un jour de plus. Là encore, je vous renvois au traité de Nice, que vous avez approuvé. Ce mandat prend fin en septembre 2009. Autant dire que la Commission devra être installée à cette date. Les mandats n'étant pas extensibles - et si le PS(E) veut allonger le mandat de l'actuelle Commission il faut qu'il obtienne l'accord des 27, puisqu'il est dépourvu du pouvoir constituant - en Démocratie, il n'est pas possible d'attendre un éventuel référendum en Irlande, ou ailleurs (Angleterre par ex) Le PE a donc deux mois pour présenter ses candidats...En espérant que le PS(E) trouvera plus de candidats qu'avant et pendant les élections européennes...Qu'attend la fille de Delors pour se présenter ? Ou Cohn Bendit, si le PS(E) en fait son candidat ? Où pourquoi pas vous même ?

Chacun est d'accord pour dire que BARROSO est nul et mérite d'être sortie. Mais où sont les légions de candidats pour le remplacer ? On les attend encore...

Quant au traité de Lisbonne...Qui vous dit qu'il sera ratifié ? Je suis déçu par votre manque de respect envers le vote des Irlandais. Comme envers celui de vos compatriotes. Le PS(E) va t il imposer de force aux citoyens un traité dont ils ne veulent pas ? Et pour ce qui concerne l'image de la Commission, ou son action...Je doute qu'il soit bien perçu, par les citoyens que les Institutions européennes prennent leur temps...Alors que les crises économiques, financières, écologiques, sociales, sévissent !!!! Vous ne pouvez pas à la Commission d'être inerte, et demandez, dans le même temps, que pour complaire au PE...On viole allègrement le traité de Nice, tout en expliquant aux citoyens que pour traiter la crise, la Commission doit attendre le bon vouloir du PE ! M. Delors n'aurait sans doute pas dit "oui" à de telles demandes, pardon de le dire, égoistes, au vue de la situation démentielle que nous traversons !

2. Action de l'UE contre la crise :

Vous demandez un "plan européen de relance". M. Sarkozy a aussi demandé...Celà lui a été refusé, par l'Allemagne, et l'Angleterre, entre autres, et aussi par l'Irlande. Or...Il faut l'unanimité, comme vous devez le savoir. Je doute que M. COWEN accepte un plan de relance européen...Quand en Irlande il ne dépense pas un centime pour le social ! Je doute pareillement que Brown ou Merkel soient plus disposés à un tel plan de relance européen maintenant...Que sous la présidence française du Conseil Européen.

Quant à l'emprunt européen, c'est bien beau mais qui est censé le financer ? Le citoyen lambda, déjà aux abois, qui paye suffisamment cher pour rembourser sa propre dette nationale ? Allons nous alourdir notre situation avec un plan pareil, simplement pour faire de la surenchère en matière de plan de relance ? Car...Il y a une petite différence entre les USA et l'UE : la protection sociale. Les Américains n'ont pas de sécu, de plan d'épargne, et autres sécurités sociales que possède (heureusement) la plupart des membres de l'UE. D'où des versements plus conséquents, pour pallier à cette situation.

Il est exact que la "croissance verte" pourrait nous faire gagner des emplois. Mais...Très sincèrement, croyez vous que cela soit la priorité du PPE, BARROSO et consorts ? Non. Leur priorité s'appelle le système financier international. Et on peut sincèrement regretter que le PS(E) ne tente pas d'influencer, au mieux des intérêts des citoyens d'Europe, les décisions de DSK !

3. Paradis fiscaux

Si la Commission Européenne n'a pris aucune décision d'envergure sur la concurrence fiscale et sociale...Entre Etats membres, c'est parce qu'elle n'en a pas le pouvoir. Ses compétences se bornent aux traités européens, que le PS(E) a généreusement approuvé.

Or...Le social et le fiscal, demeurent des éléments nationaux. Par conséquent, il faut unanimité des 27. Je doute que vous obteniez l'approbation de M. Fischer, du Président de l'Eurogroupe, de mister Brown, ou encore du co Prince d'Andorre, aussi appelé Nicolas Sarkozy, Président de la République française. Sans parler du fait que demander l'harmonisation des critères sociaux et fiscaux...Revient à violer la "promesse" faite aux Irlandais que leur dumping en matière fiscale pourra continuer comme avant ! Alors...Un peu de cohérence serait bienvenue : harmonisation...Ou traité de Lisbonne ? Le PS(E) aurait il oublié que le traité de Lisbonne qu'il appelle de ses voeux interdit, oui j'ai bien dit interdit, toute harmonisation, minimale ou non, vers le haut ou le bas, en matière de social et de fiscalité ?

Là encore, pardon de le dire, mais au lieu de lutter contre une Commission sourde, ou de s'adresser à un Gouvernement qui ne fait rien chez lui, et qui donc serait mal en peine de le faire au niveau européen...Pourquoi ne pas vous adressez directement à M. DSK, qui en l'occurence s'avère, en tant que Président du FMI, le mieux à même de réguler la question des paradis fiscaux...Puisqu'à question internationale, il faut une réponse internationale ? (Pourquoi un G20 sinon ?) Qui peut mieux vous écoutez que le Président du FMI, socialiste comme vous ? Et qui a beaucoup plus de latitude pour faire un contrôle efficace de l'utilisation des paradis fiscaux, que quiconque au niveau européen ! Qu'il soit aidé, après, par l'UE, via ses Commissaires, pourquoi pas...Mais pourquoi ne pas éviter le "mur" BARROSO et demander au FMI de faire la demande ?

Concernant la Turquie, pas besoin de poser la question. Le choix de BARROSO, pro Turquie, est la réponse.

Au niveau diplomatique, vous aimeriez donc que la France soit la vassale consentante des USA ? Barack Obama est peut être plus "sortable" que son prédécesseur...Mais sincèrement une UE alignée sur les USA, via une France incapable de s'exprimer, c'est n'importe quoi !

L'UPM ? Trop tard. Elle est morte. Et il n'y a pas d'initiative à prendre. Puisque Mme Merkel a fait couler le bateau dès les fonds baptismaux. Je doute que les nouveaux pays adhérents se sentent très concernés...


Questions à votre attention :

--le PS(E) va t il (enfin !) présenter un candidat contre BARROSO ? Pour former une Union "tout sauf BARROSO" ? Parce que question "cohérence", le "nous" ne voulons pas de BARROSO, c'est le PS ou le PSE ? Parce que Brown, Zapatero, et quelques autres, sont tout a fait pro BARROSO !

--Pourquoi ne pas liquider la directive des services, si préjudiciables aux citoyens ? Obtenir sa suppression contre un éventuel soutien à BARROSO ? Ce qui permettrait au PSE de continuer son alliance avec le PPE...Au lieu d'être isolé face à l'alliance PPE ADLE ?

En vertu du Règlement Européen du 17 juin 2008 relatif aux lois applicables aux obligations contractuelles, deux parties, comme par exemple un employeur et un salarié envisageant de passer un contrat de travail, pourront prochainement convenir de choisir la loi du pays de leur choix pour régir leurs obligations respectives, y compris celles d'états extérieurs à l'Union. C'est la porte ouverte aux délocalisations massives dans les pays attractifs socialement et fiscalement parlant...Pour l'employeur.

Vous l'aurez remarqué, il n'est plus ici question de "plombier polonais", mais simplement de salaires ou de droit du travail chinois ! Belle avancée ! Merci l'UE !

Cette directive, entérine la mise en concurrence des salariés et le nivellement de la protection sociale par le bas, et applique à la lettre le principe de la concurrence « libre et non faussée », fondement que l’on retrouve dans le Traité de Lisbonne dans un Protocole, partie intégrante du Traité, qui stipule : le « marché intérieur tel qu’il est défini à l’article 3 [...] comprend un système garantissant que la concurrence est libre et non faussée ».

Je sens que cela va être formidable, en plus, en pleine période de crises ! Merci le PSE (qui l'a voté...Hormis les socialistes Français qui se sont abstenus...Mais ont "omis" de la dénoncer ?) !

--Pourquoi ne pas profiter de la négociation sur le traité de Lisbonne, pour imposer des améliorations sociales ?

En effet, il se pourrait que les difficultés qu'éprouve l'Irlande à ratifier Lisbonne ouvrent la voie à la création d'un embryon d'Europe sociale. Reste à savoir si le PS(E) a des convictions, ou si ce ne sont que l'Europe sociale n'est qu'un slogan électoral.

Il semble en effet assez sérieusement question, pour obtenir une approbation par référendum de Lisbonne en Irlande, d'encadrer le traité par une série de déclarations préalables que l'UE inscrirait à la première occasion, par exemple, dans le cadre des négociations d'adhésion de la Croatie.

Et au premier rang desdites, quelques garanties pour les travailleurs irlandais. Bref...Embryon d'UE sociale. Et on remercie qui ? Les bons Irlandais !

A ce jour, les vingt-six signataires du traité de Lisbonne restent tenus par les exactes clauses du texte qu'ils se seront pour certains empressés de ratifier. Ce qui implique qu'à supposer que l'Irlande choisisse d'encadrer Lisbonne par des clauses réellement contraignantes, cela reviendrait à exiger une ratification de ces clauses contraignantes vis à vis de Lisbonne par chacun des états-membres concernés.

Il n'y aurait dans ce cas qu'un seul scénario imaginable pour respecter le principe de concurrence libre et non-faussée : que chaque pays signataire accorde à ses travailleurs les mêmes garanties que celles dont se seront dotés les Irlandais pour accepter Lisbonne.

La forme la plus élégante pour l'introduction de ces garanties serait, évidemment, l'introduction dans le traité lui-même ou une extension contraignante de garanties pour l'ensemble des citoyens européens.

Autant dire que le PS(E) a le moyen de donner aux Français une garantie de salaire, et de droits sociaux, qui éliminerait la terrible directive sus mentionnée, et ferait naitre l'UE sociale ! L'UMP passe son temps à dire qu'elle veut "protéger" les citoyens ! Et bien voilà une façon habile de piéger le Gouvernement, en le mettant au défi d'imposer à ses partenaires la reconnaissance de l'UE sociale...Dans le strict respect des traités européens qui font la part belle à l'ultra libéralisme !

Au PS(E) de ne pas se montrer trop gourmand, mais pas trop humble non plus, en mettant la barre haut...Pour obtenir un consentement du Gouvernement, sans aller jusqu'à la rupture. Si c'est le prix à payer, pour obtenir la ratification de "son" traité...Je vois mal M. Sarkozy dire non !

Ecrit par : seb | 10.06.2009

Ecrire un commentaire