13.05.2009
Commémoration de la Shoah à la Synagogue de Noisy-le-Sec le 26 avril 2009
Messieurs les Rabbins, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les élus,
Chers amis,
C’est un honneur pour moi d’être invitée à cette cérémonie.
La commémoration de la Shoah est pour les Juifs du monde entier un jour de deuil et de mémoire. Elle est pour tous les citoyens du monde un devoir, car ce génocide est le plus grand crime jamais commis dans l’histoire de l’Humanité. Bien sûr, il y a hélas, d’autres génocides, au Rwanda et au Darfour pour les plus récents. Mais le génocide des Juifs n’a aucun équivalent.
Face à la volonté d’extermination par les nazis, les Juifs n’avaient aucun refuge, aucune échappatoire. Ils étaient persécutés à travers le monde, aucun endroit sur terre ne leur permettait d’être en sécurité. Les Juifs, les Résistants et tous les Déportés ont été victimes d’un véritable crime contre l’Humanité, car il y avait bien là une atteinte inégalée aux valeurs humaines, une atteinte à la dignité humaine.
J’ai découvert la Shoah au début des années 60, dans ma ville natale de Marrakech. J’étais à l’époque à l’école avec Rachel Cohen que certains connaissent ici. J’ai découvert la Shoah, comme beaucoup d’autres, par le Journal d’Anne Franck qui m’a littéralement bouleversée.
Ce n’est pas un hasard si nous commémorons cet événement le 27 Nissan du calendrier hébraïque : le soulèvement du ghetto de Varsovie a commencé à cette date, en 1943. Bien sûr cet acte de résistance et de courage n’est pas le seul, je pense à la révolte du 14 octobre 1943 à Sobibor, celle de Treblinka le 2 août 1943 ou celle de Birkenau le 7 octobre 1944. Ces insurrections montrent que les Juifs n’ont pas fait que subir. Cette résistance est toujours d’actualité car le négationnisme est toujours présent : le discours honteux de Monsieur Mahmoud Ahmadinejad lors de la conférence de l'ONU sur le racisme à Genève en témoigne et hélas aussi d’autres discours devant le Parlement européen.
Nous étions, samedi 25 avril, au Fort de Romainville pour entendre avec d’autres le témoignage de Ginette Levy, résistante et déportée. Il faut en effet commémorer la déportation et l’assassinat de millions d’hommes, de femmes et d’enfants, défendre l’esprit de résistance et rappeler les droits fondamentaux de l’être humain tels que le respect de la dignité humaine, de toutes les religions et de la diversité des convictions philosophiques.
Samia Essabaa qui est aussi aujourd’hui avec nous, réalise un travail formidable pour défendre ces valeurs et faire connaître à nos jeunes la réalité de la Shoah. Elle organise depuis des années des voyages avec les élèves du Lycée à Auschwitz et je le constate chaque année, ces derniers reviennent transformés de ce voyage.
Enfin, je veux à nouveau saluer notre amie Jeannette Wolgust qui a été une enfant cachée, arrachée à sa famille et avec qui je partage une profonde amitié. Jeannette Wolgust effectue également un travail remarquable dans les établissements scolaires pour faire connaître cette période dramatique de notre Histoire.
Nous, européens, avons la chance de vivre dans une Union européenne qui ne connaît plus la guerre alors qu’il y a une dizaine d’années encore a eu lieu, en Europe, la plus grande tragédie de l’Histoire.
Cette Commémoration nous rappelle que nous devons sans cesse défendre les valeurs de paix et de démocratie qui, vous le savez, sont fragiles et qui restent encore ignorées dans de nombreux pays du monde.














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